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Syrie : le jihadiste français Oumar Diaby et son "groupe des étrangers" assiégés par les forces gouvernementales
information fournie par Boursorama avec Media Services 22/10/2025 à 14:37

Oumar Diaby, qualifié en septembre 2016 par les États-Unis de "terroriste international", est soupçonné d'avoir convaincu de nombreux Français de rejoindre la Syrie.

Des membres des forces gouvernementales syriennes à Damas, en Syrie, le 31 mars 2025. ( AFP / LOUAI BESHARA )

Des membres des forces gouvernementales syriennes à Damas, en Syrie, le 31 mars 2025. ( AFP / LOUAI BESHARA )

Les forces gouvernementales syriennes mènent mercredi 22 octobre un camp de jihadistes français dans le nord-ouest du pays, dont ils accusent le chef Oumar Diaby, alias Omar Omsen, d'avoir enlevé une fillette et de refuser de se livrer aux autorités.

Les jihadistes, estimés à quelques dizaines, sont retranchés avec leurs familles dans un camp de la région de Harem, près de la frontière turque. Oumar Diaby, un ancien délinquant franco-sénégalais devenu prêcheur , fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la justice française.

Dans un communiqué, le commandant des forces de la sécurité intérieure de la province d'Idleb (nord-ouest), le général Ghassan Bakir, a affirmé que le groupe mené par Oumar Diaby avait "enlevé une filette" des mains de sa mère dans cette région. Il a précisé que les autorités lui avaient demandé de se livrer, mais qu'il avait refusé et s'était "retranché dans le camp", et l'ont accusé de tirer sur les forces gouvernementales et "d'utiliser les civils comme boucliers humains" .

Joint par l' AFP , le fils d'Oumar Diaby, un jihadiste qui se fait appeler Jibril al-Mouhajer, a déclaré que "les affrontements ont commencé après minuit et se poursuivent".

"Les forces de sécurité ont bombardé le camp qui abrite des femmes et des enfants", a ajouté le jeune homme, connu car il jouait dans l'équipe de football de l'ancienne enclave rebelle d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie. Il a accusé le gouvernement français d'avoir demandé "que deux Français du groupe soient remis" aux autorités syriennes.

Un habitant de la localité de Harem, située aux abords du camp, a affirmé à l' AFP avoir vu les forces gouvernementales acheminer des renforts depuis mardi, et s'être massivement déployées dans la région. Il a dit avoir vu des véhicules équipés de mitrailleuses arriver successivement, et entendu des explosions depuis la nuit. "Nous sommes restés à la maison, nous n'avons pas envoyé les enfants à l'école", a dit cet homme qui requis l'anonymat.

Le groupe "des étrangers"

Les jihadistes français se font appeler "Firqat al Ghouraba" (le groupe des étrangers). Ils avaient afflué en Syrie, comme des milliers de jihadistes étrangers, pendant la guerre civile qui a éclaté après la répression par l'ex-président Bachar al-Assad d'un soulèvement populaire en 2011. Le conflit a pris fin en décembre 2024 avec la prise de pouvoir par une coalition islamiste dirigée par Ahmad al-Chareh, qui a renversé Bachar al-Assad.

Comme d'autres groupes extrémistes, ces Français semblent être tombés en disgrâce depuis l'accession au pouvoir de Ahmad al-Chareh, désormais président intérimaire et qui tente de faire oublier son passé jihadiste .

Oumar Diaby, qualifié en septembre 2016 par les États-Unis de " terroriste international ", est soupçonné d'avoir convaincu de nombreux Français de rejoindre la Syrie.

Une "petite cinquantaine" de personnes feraient partie de son groupe, avaient indiqué en décembre 2024 des sources sécuritaires françaises à l 'AFP .

En décembre 2024, le procureur antiterroriste Olivier Christen avait déclaré au quotidien Le Figaro que "sur les 1.500 Français qui sont partis faire le jihad dans les années 2000 , on compte 390 revenants en France, 500 décédés, une grosse centaine dans la poche d'Idleb, environ 150 détenus ou retenus dans le nord-est syrien et en Irak, mais aussi 300 disparus".

Oumar Diaby avait eu des déboires avec le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), que dirigeait Ahmad al-Chareh et qui contrôlait l'enclave rebelle d'Idleb. Arrêté en août 2020, il a été libéré en février 2022 sans que les raisons de son arrestation ne soient communiquées.

Après sa prise du pouvoir, Ahmad al-Chareh a dissous le HTS, fer de lance de l'offensive rebelle contre Damas, et appelé tous les autres groupes armés à faire de même et rejoindre les rangs de la nouvelle armée syrienne.

4 commentaires

  • 23 octobre 00:17

    Pourvu que Macron ne s'en mêle pas.


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